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Romain Bardet revient chez Decathlon CMA CGM, en tant que Directeur Sportif

Un an après avoir mis fin à sa carrière professionnelle, Romain Bardet qui fait du avec Factor, s’apprête à retrouver le plus haut niveau… mais cette fois en dehors du peloton. L’ancien leader français deviendra manager sportif de l’équipe Decathlon CMA CGM Cycling Team⁠ à partir du 1er janvier 2027, une nomination qui marque son retour dans la structure où il s’est construit comme coureur.  

Cette arrivée illustre aussi une évolution plus large du cyclisme moderne : les anciennes figures du peloton prennent désormais des fonctions transversales mêlant performance, développement et stratégie sportive.

Un retour aux origines pour Bardet

Pour les suiveurs du cyclisme français, ce retour a une portée symbolique.

Avant de devenir professionnel, Romain Bardet avait intégré Chambéry Cyclisme Formation en 2010 puis rejoint l’équipe alors appelée  AG2R La Mondiale⁠ en 2012.

Sous ces couleurs, il a construit l’essentiel de son palmarès :

  • 2e du Tour de France 2016
  • 3e du Tour de France 2017
  • plusieurs victoires d’étapes sur les grands tours
  • une image durable de coureur offensif et de leader du cyclisme français.  

Après son départ vers  Team dsm-firmenich PostNL⁠ puis sa retraite sportive en juin 2025, Bardet avait pris du recul avec le milieu professionnel, alternant compétitions gravel et activités de consultant média.  

Un poste inédit : manager sportif et vision globale

Contrairement à un directeur sportif traditionnel présent dans la voiture de course, le poste confié à Bardet sera beaucoup plus transversal.

Selon l’équipe, il accompagnera la direction générale dans :

  • le pilotage du projet sportif global ;
  • le développement des coureurs ;
  • la coordination entre équipe WorldTour et structure NewGen ;
  • la réflexion sur les effectifs ;
  • l’organisation des plans de performance ;
  • l’évolution des filières de formation.  

Dans son entretien, Bardet insiste sur un rôle de coordination et de vision d’ensemble, davantage orienté vers la construction de l’écosystème sportif que vers la gestion quotidienne des courses.

Il a également précisé qu’il n’était pas prévu, dans un premier temps, qu’il devienne directeur du racing ni qu’il accompagne régulièrement l’équipe sur les compétitions.

Une équipe en pleine transformation

Le contexte de cette nomination est important.

Depuis l’arrivée de  CMA CGM⁠ comme co-partenaire titre, la structure française a fortement augmenté ses ambitions sportives et ses moyens financiers. Le budget annoncé se situe désormais autour de 40 millions d’euros, avec un projet structuré autour de la performance, de la formation et d’une internationalisation progressive.  

L’équipe conserve néanmoins son ancrage français et son implantation historique autour de la Savoie, tout en préparant :

  • le développement de la filière jeunes ;
  • le lancement d’une équipe féminine ;
  • une présence renforcée sur les grandes courses internationales.  

Dans ce cadre, l’arrivée de Bardet ressemble à un recrutement de continuité : une personnalité reconnue, qui connaît la culture historique de l’équipe tout en ayant vécu les évolutions récentes du cyclisme mondial.

Le facteur Paul Seixas… mais pas uniquement

L’annonce intervient alors que l’équipe construit également son avenir autour de Paul Seixas, considéré comme l’un des grands espoirs français.

Plusieurs observateurs ont immédiatement interprété le retour de Bardet comme un signal destiné à accompagner la progression du jeune coureur. Mais l’ancien grimpeur a tenu à nuancer cette lecture.

Selon lui, le poste dépasse largement l’accompagnement individuel : il s’agit de structurer l’ensemble du projet sportif et de devenir « un point de repère pour les coureurs ».  

Cette approche correspond aussi à une tendance actuelle du cyclisme : les organisations cherchent moins des anciens champions comme ambassadeurs que comme acteurs capables d’articuler performance, préparation et développement humain.

Une transition devenue naturelle

Pendant sa carrière, Bardet s’était souvent exprimé sur l’évolution du cyclisme professionnel, ses exigences croissantes et la nécessité de penser différemment la performance.  

Son nouveau rôle semble prolonger cette réflexion.

Plutôt que de revenir dans une logique de compétition directe, il choisit une position où il pourra agir sur :

  • les processus de performance ;
  • la formation ;
  • la culture sportive ;
  • la trajectoire des futurs leaders.

À 35 ans, il entame ainsi une seconde carrière qui pourrait, à terme, peser autant sur le cyclisme français que ses années passées dans le peloton.