Pendant des décennies, la retraite marquait souvent la fin de la compétition pour les coureurs du Tour de France. Aujourd’hui, une nouvelle tendance se dessine : de plus en plus d’anciens professionnels se tournent vers le gravel. Entre compétition, aventure et recherche de plaisir, cette discipline attire désormais des vainqueurs d’étapes, des anciens porteurs du maillot jaune, des champions olympiques et même des podiums du Tour.
Ce phénomène, apparu aux États-Unis au milieu des années 2010, touche désormais toute l’Europe et particulièrement la France.
Le gravel, une seconde vie après le WorldTour
Le succès du gravel auprès des anciens professionnels s’explique facilement. Après des années passées dans un environnement ultra-structuré, beaucoup recherchent une pratique plus libre.
Les courses gravel offrent généralement :
- un calendrier plus léger ;
- moins de pression médiatique ;
- davantage de proximité avec les amateurs ;
- des parcours variés mêlant routes, pistes et chemins ;
- un esprit d’aventure souvent absent du cyclisme professionnel moderne.
Pour de nombreux retraités, le gravel permet ainsi de conserver un objectif sportif tout en redécouvrant le plaisir du vélo.
Les pionniers internationaux
Laurens ten Dam, l’un des premiers ambassadeurs
Ancien neuvième du Tour de France, Laurens ten Dam fait partie des premiers coureurs WorldTour à avoir pleinement adopté le gravel.
Après sa retraite sur route en 2019, le Néerlandais est rapidement devenu l’une des figures majeures de la discipline. Ses performances sur les grandes épreuves américaines, notamment Unbound Gravel, ont contribué à donner de la crédibilité au mouvement.
Ian Boswell, Nathan Haas et Peter Stetina
Aux États-Unis, plusieurs anciens professionnels ont fait du gravel leur spécialité.
Ian Boswell, ancien coureur de la Team Sky, a remporté Unbound Gravel en 2021. Peter Stetina et Nathan Haas ont également quitté le peloton professionnel pour se consacrer à cette discipline en pleine expansion.
Leur réussite a montré qu’il était possible de construire une véritable seconde carrière après le WorldTour.
Greg Van Avermaet poursuit la compétition
Champion olympique à Rio en 2016 et vainqueur de Paris-Roubaix, Greg Van Avermaet s’est lui aussi lancé dans les compétitions gravel après sa retraite.
Le Belge participe régulièrement aux manches des UCI Gravel World Series, où il retrouve un niveau de compétition élevé sans les contraintes du cyclisme professionnel.
Luis León Sánchez reste performant
Vainqueur de quatre étapes du Tour de France, Luis León Sánchez a rapidement trouvé ses marques sur les chemins après sa retraite.
L’Espagnol a remporté plusieurs épreuves nationales dès ses premières apparitions, démontrant que les qualités développées au plus haut niveau restent précieuses en gravel.
Peter Sagan, la star médiatique
Triple champion du monde et septuple vainqueur du maillot vert du Tour de France, Peter Sagan a largement contribué à populariser le gravel.
Sa participation à Unbound Gravel a attiré une attention médiatique considérable sur la discipline, bien au-delà du cercle habituel des pratiquants.
Jan Bakelants et le goût de l’aventure
Ancien porteur du maillot jaune sur le Tour de France, Jan Bakelants a choisi le gravel pour retrouver un sentiment de découverte.
Après des années passées sur les mêmes routes d’entraînement, les longues pistes et les parcours d’exploration offrent un nouveau terrain de jeu à l’ancien professionnel belge.
Alejandro Valverde, toujours compétitif
Même après sa retraite, Alejandro Valverde continue d’accumuler les résultats.
L’ancien champion du monde est devenu l’un des coureurs les plus performants du circuit gravel européen. Ses victoires ont montré que les anciens champions pouvaient rapidement s’adapter aux spécificités de la discipline.
Les Français prennent le relais
Si les Américains et les Espagnols ont été les premiers à populariser le phénomène, la France voit désormais plusieurs anciens professionnels suivre la même voie.
Romain Bardet, la référence française
Le cas le plus emblématique est celui de Romain Bardet.
Troisième du Tour de France en 2017 et deuxième en 2016, l’Auvergnat a immédiatement rejoint la scène gravel après sa retraite du WorldTour.
Sous les couleurs de Factor Racing, il a remporté plusieurs manches des UCI Gravel World Series et s’est imposé parmi les meilleurs spécialistes mondiaux. En 2026, il a notamment gagné la Castellon Gravel Race et multiplié les podiums sur les principales courses européennes.
Contrairement à de nombreux retraités qui pratiquent le gravel occasionnellement, Bardet en a fait son projet sportif principal.
Arnaud Démare découvre les chemins
Quelques mois après avoir quitté le peloton professionnel, Arnaud Démare a lui aussi fait ses débuts en compétition gravel.
Le vainqueur de Milan-San Remo et de deux étapes du Tour de France a participé à la Santa Vall en Espagne, où il retrouvait notamment Romain Bardet.
Pour l’ancien sprinteur français, le gravel représente davantage une nouvelle manière de pratiquer le vélo qu’un objectif de performance à temps plein.
Geoffrey Soupe, une transition naturelle
Ancien vainqueur d’étape sur la Vuelta et fidèle équipier dans le peloton professionnel, Geoffrey Soupe s’est progressivement rapproché de l’univers gravel après sa carrière.
À travers ses aventures cyclistes et ses participations à différents événements, il illustre une autre facette du phénomène : celle des anciens professionnels qui cherchent avant tout à retrouver la liberté et l’exploration.
Hugo Drechou, le spécialiste français
Ancien vététiste professionnel, Hugo Drechou est aujourd’hui l’un des meilleurs représentants français du gravel international.
Ses performances sur les grandes courses européennes démontrent que la France dispose désormais d’une véritable génération de spécialistes capables de rivaliser avec les références mondiales.
Une discipline en pleine évolution
L’arrivée massive d’anciens professionnels transforme progressivement le gravel.
Certains regrettent une professionnalisation croissante qui éloigne la discipline de ses origines aventureuses. D’autres estiment au contraire que la présence de grands noms contribue à développer sa visibilité et son niveau sportif.
Une chose est certaine : le gravel n’est plus une pratique marginale. Il constitue désormais une véritable alternative pour les coureurs qui souhaitent prolonger leur carrière ou simplement continuer à vivre leur passion du vélo sous une autre forme.
FAQ
Pourquoi les anciens coureurs du Tour de France se mettent-ils au gravel ?
Le gravel offre davantage de liberté, moins de contraintes et un calendrier plus léger que le cyclisme professionnel traditionnel.
Quel ancien coureur français est le plus performant en gravel ?
Romain Bardet est aujourd’hui le Français le plus en vue sur le circuit international gravel, avec plusieurs victoires en UCI Gravel World Series.
Arnaud Démare pratique-t-il le gravel ?
Oui. Depuis sa retraite du cyclisme professionnel, il a participé à plusieurs événements gravel, notamment en Espagne.
Quelle est la course gravel la plus connue au monde ?
Unbound Gravel, aux États-Unis, est considérée comme la référence mondiale de la discipline.
Le gravel est-il devenu professionnel ?
Même si l’esprit reste différent de celui du WorldTour, les principales épreuves attirent désormais des équipes, des sponsors et de nombreux anciens coureurs professionnels.
D’autres Français pourraient-ils suivre cette tendance ?
Oui. Le succès rencontré par Romain Bardet et l’intérêt croissant des retraités du peloton laissent penser que d’autres anciens professionnels français pourraient rejoindre le gravel dans les prochaines années.
